BAIE-COMEAU – Le Conseil central de la Côte-Nord de la CSN et le Syndicat des Métallos dénoncent l’adoption à l’Assemblée nationale d’une loi qui met en danger la vie et la santé des travailleuses et des travailleurs du Québec.
Cette nouvelle loi, la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, réduit la prévention dans les secteurs prioritaires et les industries lourdes, donne plus de pouvoirs aux employeurs et impose aux travailleurs de nombreux reculs. En effet, il y aura moins de temps alloué à la prévention, moins de paritarisme en santé et sécurité du travail et une reconnaissance plus difficile des lésions professionnelles. Les employeurs pourront décider seuls d’avoir des mécanismes de prévention pour plusieurs de leurs établissements. Les médecins traitants verront leur marge de manœuvre réduite au profit de la CNESST ou encore des médecins désignés par l’employeur. De plus, cette loi échoue à reconnaître tous les enjeux de santé mentale, dont l’épuisement professionnel que plusieurs appellent le «mal du siècle». Enfin, elle fragilise les retraits préventifs des travailleuses enceintes et permet de forcer le retour au boulot des travailleurs accidentés… avant même leur guérison.
«Ce n’est pas seulement un recul pour la santé et sécurité de tous les travailleurs, mais aussi pour l’ensemble de la société», lance le coordonnateur du Syndicat des Métallos pour la Côte Nord, Nicolas Lapierre. «La première responsabilité d’un gouvernement est de protéger sa population. Ce n’est pas vrai que nous sommes mieux protégés avec ces reculs en santé et sécurité du travail. Dans les circonstances, il est légitime d’être préoccupé pour les travailleurs des secteurs industriels et miniers que nous représentons »
«Après avoir fait toutes les représentations possibles, notamment en commission parlementaire, pour dénoncer des reculs historiques en santé et sécurité au travail, le gouvernement Legault adopte son projet de loi qui a été dénoncé à l’unanimité», déclare le président du Conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay. Notons que, de l’avis même du gouvernement, les entreprises devraient pouvoir réaliser des économies de 4,3 milliards sur 10 ans grâce à cette loi. «En prévention, où l’ensemble des milieux de travail n’auront plus d’obligations selon les 4 mécanismes prévus pour les groupes prioritaires, ce sont tous les milieux de travail qui vont être moins sécuritaires», dénonce Guillaume Tremblay.
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