SAULT STE. MARIE – L’annonce dévastatrice d’Algoma Steel concernant plus de 1000 licenciements frappe durement les travailleur.euse.s et la communauté de Sault Ste. Marie à la veille des Fêtes. Ce geste nuit à la collectivité et constitue une humiliation pour le gouvernement fédéral, qui a soutenu Algoma durant la guerre commerciale et la transition vers de nouveaux fours, souligne le Syndicat des Métallos.
Les pertes d’emplois chez Algoma étaient prévisibles en raison du passage aux fours à arc électrique (FAE) et des tarifs de 50 % imposés par le président américain Donald Trump sur les exportations d’acier canadien. Algoma a accéléré sa transition vers une production destinée au marché canadien, les tarifs douaniers ayant effectivement tari ses exportations vers les États-Unis.
Toutefois, les financements publics considérables accordés à Algoma auraient dû être assortis de conditions fermes et d’un plan de transition complet pour éviter une décision aussi brutale de supprimer des emplois et de bouleverser la vie des familles et de la communauté, a déclaré Marty Warren, directeur canadien des Métallos.
« Voici une leçon que nous ne devons jamais oublier : lorsque les gouvernements signent des accords pour soutenir l’industrie, ils doivent s’engager de manière transparente à garantir la sécurité et la croissance de l’emploi », a-t-il ajouté.
« Après avoir reçu près d’un milliard de dollars, il est honteux qu’Algoma annonce des licenciements d’une telle ampleur à ce moment précis et avec un tel sentiment d’impunité, sans responsabilité, ni reddition de comptes à ses travailleurs et travailleuses et à la communauté. »
En 2021, Ottawa a engagé 420 millions de dollars pour soutenir la transition d’Algoma vers les FAE. Cette année, les gouvernements fédéral et ontarien ont ajouté ensemble 500 millions de dollars. Avec l’arrêt de sa fabrication d’acier dans un haut fourneau, Algoma exploite actuellement un FAE, avec un deuxième en vue.
« Lorsque Algoma a sollicité ce financement massif, les travailleurs et travailleuses, leur syndicat et la communauté ont été exclus du processus et privés d’un rôle qui leur aurait permis d’exiger la transparence, la responsabilité et la réduction progressive des effectifs », a affirmé Marty Warren.
« Nous constatons aujourd’hui les coûts humains dévastateurs de ce processus secret qui écarte les plus touchés. Quelque 1000 travailleurs et travailleuses, leurs familles et toute la communauté de Sault Ste. Marie vivent des bouleversements majeurs qui vont changer leur vie pendant les Fêtes. »
Marty Warren se demande si Algoma fera preuve de transparence et divulguera à ses employés et à la communauté l’indemnité de départ que l’entreprise versera à son directeur général sortant.
« Les Métallos demandent du soutien immédiat pour les travailleurs et travailleuses, et pas seulement des prêts aux entreprises. Nous avons réclamé à maintes reprises l’amélioration de l’assurance-emploi, des aides à la reconversion professionnelle et à la transition, la protection contre le commerce déloyal et l’application de politiques d’approvisionnement en produits canadiens pour maintenir nos usines en activité », a-t-il poursuivi.
« Les mesures annoncées par Ottawa vont dans la bonne direction, mais elles sont insuffisantes face à l’ampleur de la crise, qui menace toujours plus d’emplois et de communautés. »
À propos du Syndicat des Métallos
Le Syndicat des Métallos représente 225 000 membres dans presque tous les secteurs économiques du Canada et il est le plus important syndicat du secteur privé en Amérique du Nord, comptant 850 000 membres au Canada, aux États-Unis et dans les Caraïbes.
Chaque année, des milliers de travailleuses et travailleurs choisissent d’adhérer au Syndicat des Métallos en raison de sa solide réputation à créer des lieux de travail plus sains, plus sécuritaires et plus respectueux, et à négocier de meilleures conditions de travail et des rémunérations plus équitables, y compris de bons salaires, avantages sociaux et régimes de retraite.
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