L’industrie du vêtement est une source majeure d’emploi au Honduras. Les femmes représentent plus de la moitié de la main-d’œuvre des maquiladoras, usines situées dans des villes industrielles comme San Pedro Sula, où des entreprises confectionnent des vêtements vendus au Canada.
Après la pandémie de COVID, beaucoup d’usines ont dû fermer leurs portes, entraînant la disparition d’environ 33 000 emplois stables en quelques années seulement. Si les causes sont multiples, une tendance incontestable se dégage : les compagnies transnationales ont délocalisé leur production vers des alternatives régionales moins coûteuses, comme le Nicaragua ou le Salvador. Délaissées dans cette course vers le bas motivée par les profits, des milliers de femmes, dont beaucoup sont des chefs de famille, sont piégées dans des luttes juridiques pour des salaires impayés, des prestations sociales et des protections en matière de sécurité sociale.
Telle est la réalité des militantes syndicales Marylu Morales et Yesenia Figueroa, qui ont travaillé pendant plus de 25 ans chez Delta Apparel, usine qui a brusquement fermé ses portes fin 2024. Comme des centaines d’anciennes collègues, elles se retrouvent avec peu d’options, confrontées à un marché du travail marqué par l’âgisme et les conséquences de nombreuses années de travail répétitif, notamment des troubles musculosquelettiques chroniques. Malgré ces défis, elles continuent de se mobiliser et de mettre à profit leurs connaissances et leurs expériences avec le soutien du Bufete de Abogadas por la Justicia (Avocates pour la justice), nouveau partenaire du Fonds humanitaire des Métallos (FHM).
Bufete de Abogadas por la Justicia souhaite faire passer les travailleuses de l’isolement à l’autonomisation collective. Ce petit, mais puissant collectif juridique féministe, offre une défense juridique, un soutien bénévole et une formation aux travailleuses mises à pied, tout en favorisant des espaces de participation et de solidarité mutuelle. En 2025, le FHM a lancé un projet pilote visant à créer des espaces de formation et de rencontre pour les travailleuses. Des militantes comme Marylu et Yesenia peuvent aussi former d’autres femmes au sein de leurs milieux de vie, moyennant une modeste rémunération. Cette approche va au-delà des normes du travail et inclut des pratiques qui favorisent la guérison et renforcent un mouvement communautaire dynamique de femmes.
Grâce au soutien de ce projet, les travailleuses du Honduras réaffirment leur pouvoir, montrant ainsi que si les usines peuvent fermer, la force des femmes, elle, ne peut être affaiblie.
Article tiré du rapport annuel 2025 du Fonds humanitaire des Métallos (FHM)
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