TORONTO – Le Syndicat des Métallos salue l’engagement pris par le Premier ministre Carney de veiller à ce que Cleveland-Cliffs respecte ses obligations légales envers les travailleuses et travailleurs du Canada et exhorte le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour protéger les emplois et la capacité de production sidérurgique du pays.
Cleveland-Cliffs a annoncé la fermeture indéfinie des activités de laminage à froid et de revêtement de son aciérie Stelco à Hamilton, où environ 350 membres des Métallos seraient mis à pied, tandis que 40 autres licenciements sont prévus sur le site de Stelco Lake Erie de Nanticoke, Ontario.
Les Métallos ont écrit à la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, pour demander une réunion d’urgence et un examen immédiat du respect des engagements contraignants pris par Cleveland-Cliffs en vertu de la Loi sur Investissement Canada, lorsque l’acquisition de Stelco a été approuvée par le gouvernement fédéral.
« Nous saluons la position du Premier ministre selon laquelle Cleveland-Cliffs doit rendre des comptes », a déclaré Marty Warren, directeur national des Métallos.
« Le gouvernement doit maintenant agir, et de façon décisive. Ces engagements faisaient partie des conditions d’approbation et les travailleuses et travailleurs doivent voir qu’ils sont mis en œuvre agressivement et sans délai », a-t-il ajouté.
Le syndicat affirme que Cleveland-Cliffs doit également répondre à des questions sérieuses concernant ses décisions en matière de production et d’investissement, notamment pour déterminer si des tâches qui pourraient être effectuées au Canada sont en réalité réalisées aux États-Unis. L’entreprise invoque la guerre commerciale américaine pour justifier ces licenciements, alors même que son PDG, Lourenco Goncalves, a déclaré publiquement avoir fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle impose des tarifs plus élevés au Canada et avoir contribué à faire passer leur taux à 50 %.
« Cleveland-Cliffs ne peut pas défendre les tarifs douaniers et ensuite s’en servir comme prétexte pour se soustraire à ses engagements envers les travailleuses et travailleurs canadiens », a déclaré Marty Warren.
Selon les Métallos, la crise de Stelco reflète également des décennies de politiques commerciales qui ont exposé les producteurs à des pratiques déloyales, à une surcapacité mondiale et à une dépendance excessive vis-à-vis du marché américain.
« Les travailleuses et travailleurs paient le prix d’un système commercial qui, depuis bien trop longtemps, n’a pas su protéger la capacité industrielle canadienne », a déclaré Kevon Stewart, directeur des Métallos pour l’Ontario et le Canada atlantique.
« Le gouvernement a pris certaines mesures importantes, mais il doit aller plus loin : resserrer les quotas tarifaires sur l’acier, combler les échappatoires qui permettent aux importations américaines de supplanter l’acier canadien et fournir des soutien d’urgence pour permettre aux travailleuses et travailleurs de conserver leur emploi », a-t-il ajouté.
Les sections locales 1005 des Métallos, à Hamilton et 8782 de l’usine Lake Erie Works de Stelco réclament des mesures d’urgence pour protéger les travailleuses et travailleurs et la production.
« Nous savons déjà ce qui se passe lorsque des propriétaires étrangers sont autorisés à éliminer des emplois et à réduire les capacités de production au Canada, a déclaré Ron Wells, président de la section locale 1005 des Métallos. Ce gouvernement affirme que Cleveland-Cliffs devra rendre des comptes et nos membres s’attendent à ce qu’il tienne cette promesse. »
Les Métallos appellent Ottawa à faire respecter les engagements de Cleveland-Cliffs, à mettre en place des mesures de soutien d’urgence et des subventions salariales, à renforcer la protection du marché de l’acier canadien et à conditionner toute mesure de soutien public aux entreprises à la préservation des emplois, de la production et des investissements au Canada.
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