Les Métallos s’y connaissent lorsqu’il s’agit de lutter pour obtenir des salaires équitables. Pour les membres du syndicat qui occupent des emplois précaires, comme les agents de sécurité et les employés occasionnels, la lutte se poursuit. Pourtant, en 2016, le vent pourrait tourner en leur faveur. Les voix qui défendent un salaire minimum équitable de 15 $ se font trop fortes pour que les responsables des politiques puissent les ignorer.
Des campagnes comme Minimum 15 au Québec et $15 and Fairness ailleurs au Canada attirent une attention nationale. Le 1er mai dernier, les Métallos étaient très présents pendant les célébrations de la fête des Travailleurs, où les manifestants ont profité de l’occasion pour demander la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure. Le 15 avril dernier, le groupe $15 and Fairness s’est joint à des fédérations syndicales et des syndicats comme celui des Métallos à des rassemblements partout au pays pour demander aux assemblées législatives provinciales d’augmenter le salaire minimum. Les Métallos ont pris part à des actions dans plusieurs villes.
Aux États-Unis, plusieurs villes et l’État de New York se dirigent vers un salaire minimum de 15 $ l’heure, notamment Seattle, San Francisco et Los Angeles.
Partout au Canada, le salaire minimum à 15 $ l’heure est fortement appuyé par le mouvement syndical et d’autres groupes et politiciens progressistes.
Une récente étude publiée par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) indique qu’un salaire minimum de 15 $ l’heure aurait un effet positif sur l’économie du Québec. En 2015, l’organisation ouvrière Workers’ Action Centre rapportait que le pourcentage de main-d’œuvre à bas salaires au Canada avait augmenté de 11% depuis 2004 creusant un écart de 57% entre les femmes travaillant au salaire minimum et les emplois à plein temps.
Le Workers’ Action Centre cite une recherche universitaire montrant que la mise en place d’augmentations du salaire minimum ne s’est pas soldée par des pertes d’emplois, même pendant des périodes de chômage élevé.
Armine Yalnizyan, analyste principale du Centre canadien de politiques alternatives, a pour son dire que l’augmentation du salaire minimum a eu pour effet de stimuler la croissance économique du Canada et de rehausser le pouvoir d’achat des ménages.
Ces bienfaits sont trop criants pour être ignorés. S’inscrivant dans une grande coalition progressiste, le Syndicat des Métallos continuera d’être un allié de poids dans la lutte pour un salaire minimum à 15 $ l’heure.
Cet article a été publié dans le numéro de juin 2016 de la revue Métallos@l’œuvre.
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