Le gouvernement du Québec a annoncé un projet de loi après la tenue récente d’une Commission parlementaire sur le transport rémunéré de personnes. Mais il n’aboutit toujours pas. Puisque l’inactivité gouvernementale entre dans sa deuxième année, le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos a annoncé une action de perturbation le 8 avril afin de revendiquer une action gouvernementale décisive.
Suspectant d’être visé par cette action, l’organisme privé qui dirige l’aéroport de Montréal a obtenu une injonction interdisant toute manifestation ou perturbation de la circulation à l’intérieur de ses limites et aux abords. Le RTAM-Métallos a dénoncé l’intervention injuste d’une entreprise privée dans un débat social de cette importance. Ce jour-là, un cortège de 400 chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines a choisi de viser le bureau du premier ministre Philippe Couillard, accusé de retarder toute solution pour plutôt satisfaire les intérêts d’Uber. Une fois sur place, dans un geste spontané, ils se sont relayés au mégaphone pour demander au chef du gouvernement d’agir rapidement. À Québec, les taxieurs ont bloqué les accès à l’aéroport quelques minutes avant de poursuivre leur action de perturbation de la circulation durant deux heures.
Deux jours plus tôt, le coordonnateur responsable du RTAM-Métallos, Mario Denis, a sollicité l’appui des 700 participants au Congrès national d’orientation des Métallos à la cause des chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines du Québec. La solidarité dont les participants au Congrès ont fait preuve envers les travailleurs du taxi a fouetté l’ardeur de ceux-ci dans leur lutte contre la multinationale récalcitrante aux lois du Québec.
Depuis, Uber a tenté de faire rejeter devant les tribunaux les requêtes en recours collectif et en injonction permanente que nous avons déposés.
La Cour a débouté la multinationale dans cette démarche et les recours judiciaires que nous avons entrepris suivent donc leur cours. D’autres actions sont prévues pour maintenir la pression sur le gouvernement pour déposer un projet de loi avant la fin de la session parlementaire.
Cet article a été publié dans le numéro de juin 2016 de la revue Métallos@l’œuvre.
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