Entrer dans les couloirs du pouvoir fédéral pour rencontrer des députés et des sénateurs était un peu intimidant, admet Tammy-Lee Hawkins.
« Je suis arrivée nerveuse et incertaine », raconte Tammy-Lee, militante de la section locale 2009 en Colombie-Britannique et membre d’une délégation pancanadienne de métallos autochtones venus à Ottawa à la mi-avril.
Cette initiative de lobbying, organisée par le Comité national autochtone des Métallos, a donné aux militantes et militants du syndicat l’occasion de porter leurs préoccupations et leurs revendications devant les parlementaires dans le cadre de réunions avec des députés, des sénateurs et des membres du personnel ministériel.
Il s’agissait d’une première pour plusieurs membres de la délégation, dont Tammy-Lee. Une fois la nervosité passée, elle souligne que l’expérience était valorisante et enrichissante.
« J’ai pu constater le pouvoir de ma voix, a-t-elle ajouté, après les réunions. Comme femme autochtone, je repars inspirée, plus confiante et prête à défendre les travailleuses et travailleurs et nos communautés à toutes les tables. »
Les membres de la délégation ont exhorté les parlementaires à agir davantage sur des enjeux de longue date, notamment :
- La mise en œuvre pleine et entière des 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation – dont seulement 15 ont été complétés à ce jour.
- L’accès à une eau potable de qualité directement dans les résidences des communautés autochtones.
- L’établissement d’un réseau de transport national afin d’assurer des services d’autobus, en particulier dans les communautés du Nord et les communautés isolées.
- La mise en œuvre intégrale des appels à la justice issus du rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.
- La reconnaissance du statut autochtone et l’assouplissement de la Loi sur les Indiens afin de mettre fin à la perte de statut imposée aux générations futures.
- La mise en place de systèmes d’alerte et de prévention pour les femmes, les filles et les personnes autochtones de diverses identités de genre disparues et assassinées, en coordination entre les forces policières fédérales, provinciales et municipales.
- La reconnaissance du 30 septembre comme jour férié pancanadien – Journée nationale de la vérité et de la réconciliation
- L’adoption, par l’ensemble des provinces canadiennes, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Cette première expérience de lobbying s’est avérée positive pour Noah Pépin-Papigatuk, qui a constaté que les parlementaires s’intéressaient véritablement aux enjeux autochtones et, dans certains cas, partageaient leurs préoccupations.
« Les gens rencontrés ont été très ouverts et très réceptifs à nos idées et à nos paroles, a expliqué Noah, militant de la SL 9449, qui représente les travailleurs de la mine Raglan au Nunavik, dans le grand nord québécois.
« Les gens rencontrés ont été très ouverts et très réceptifs à nos idées et à nos paroles. J’ai adoré mon expérience, ma première en tant que lobbyiste, et sincèrement j’espère que ça ne sera pas la dernière. »
Pour Beatrice Clowe, la campagne a été une importante occasion pour les métallos autochtones de renforcer la solidarité.
« Je suis extrêmement reconnaissante aux métallos qui ont vécu cette expérience avec moi, a déclaré Beatrice, militante de la SL 9508, qui représente les membres aux exploitations minières de Vale à Voisey’s Bay (T.-N.-L.).
« Au Parlement, et lors de nos rencontres avec les parlementaires, nous nous sommes exprimés avec détermination, en nous appuyant sur notre identité en tant que peuples autochtones et sur la responsabilité que nous avons envers nos communautés. »
« Cette campagne démontre tout le leadership de notre Comité national autochtone dans la promotion du travail des Métallos pour la réconciliation avec les peuples et les communautés autochtones », a expliqué Marty Warren, directeur national du syndicat, qui a rencontré la délégation autochtone lors de sa visite à Ottawa. « Notre syndicat est déterminé à outiller et à soutenir nos militantes et militants autochtones, afin de veiller à véritablement représenter tous nos membres et de faire avancer notre travail de réconciliation », a conclu Marty Warren.
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