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Rapport de l’OBVIA sur l’IA au travail

MONTRÉAL – À la suite de la publication du rapport de l’Observatoire international sur les impacts sociaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA), plusieurs organisations syndicales – l’APTS, la CSQ, la CSN, la FIQ, la FTQ, le SCFP, le SFPQ, le SPGQ, ainsi que le Syndicat des Métallos et Unifor Québec – appellent à un encadrement plus rigoureux du déploiement de l’intelligence artificielle. Elles insistent sur l’importance d’une gouvernance transparente, de la participation active des travailleuses, des travailleurs et des personnes qui les représentent, de même que sur l’augmentation des investissements en formation et en développement des compétences.

Les résultats de l’enquête menée auprès de milliers de personnes syndiquées au Québec confirment ce que les organisations syndicales constatent sur le terrain : l’IA est déjà bien présente dans les milieux de travail, mais son implantation est rarement discutée avec le personnel et leurs représentantes et représentants. Les organisations syndicales rappellent qu’aucun déploiement technologique majeur ne peut être réalisé de façon responsable sans transparence à l’égard des personnes directement touchées.

« Le rapport de l’OBVIA met en lumière un manque de transparence généralisé quant à l’utilisation actuelle et future de l’IA dans les organisations. Trop de travailleuses et de travailleurs ignorent si des systèmes d’IA influencent leur travail, leurs conditions d’exercice ou les décisions qui les concernent. Cette opacité alimente la méfiance et fragilise le lien de confiance envers les employeurs », mentionnent Robert Comeau (APTS), Éric Gingras (CSQ), Caroline Senneville (CSN), Julie Bouchard (FIQ), Olivier Carrière (FTQ), Danick Soucy (SCFP), Michel Girard (SFPQ), Guillaume Bouvrette (SPGQ), Nicolas Lapierre (Syndicat des Métallos) et Daniel Cloutier (Unifor Québec).

Les organisations syndicales soulignent l’urgence d’encadrer l’IA en milieu de travail, car les nouveaux systèmes de gestion par l’IA présentent des risques accrus de surveillance et de contrôle. Comme le souligne le rapport, les employeurs devraient privilégier des applications de l’IA qui appuient le travail des employés plutôt que celles qui visent à les contrôler. Le rapport de l’OBVIA démontre que l’encadrement organisationnel de l’IA demeure largement insuffisant ou méconnu.

« L’absence de politiques claires ouvre la porte à des usages arbitraires, à une intensification du travail — voire un contrôle abusif — du personnel », soutiennent les porte-paroles.

Les organisations syndicales estiment que la formation sur l’IA doit être offerte sur le temps de travail et adaptée aux réalités de chaque milieu selon les outils à utiliser. En plus d’assurer le maintien en emploi des personnes, elle doit aussi permettre de comprendre les outils d’IA, de les questionner et d’en évaluer les impacts.

« Le rapport confirme l’ampleur du retard en matière de formation. La majorité des personnes sondées indiquent ne pas avoir accès à de la formation sur l’IA ou ignorent même si une telle formation existe. Pourtant, les travailleuses et les travailleurs sont de plus en plus appelés à utiliser ces outils et à assumer la responsabilité en cas d’erreur », déplorent les dirigeantes et dirigeants syndicaux.

Les organisations syndicales rappellent que l’IA ne doit pas contribuer à creuser les inégalités, d’autant plus que les postes d’entrée se font plus rares pour les jeunes. « Il faut investir dans la formation pour que tout le monde puisse s’adapter et conserver sa place dans un monde du travail en changement. »

Les enseignements du rapport de l’OBVIA doivent servir de point d’appui pour instaurer un véritable dialogue social sur l’IA au travail. Lorsque les syndicats sont impliqués, le rapport démontre que la transparence s’accroît, la formation s’améliore et la confiance se renforce.

« Le déploiement de l’intelligence artificielle dans les milieux de travail ne doit pas se faire au détriment des personnes salariées. Il doit au contraire contribuer à améliorer les conditions de travail, ainsi que la qualité des services offerts à la population », concluent les porte-paroles syndicaux.

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