Face à l’expansion rapide des activités minières prévues en Ontario, la section locale 6500 des Métallos à Sudbury, le plus grand syndicat minier de la province, sonne l’alarme sur l’urgence de renforcer les protections contre les maladies professionnelles mortelles.
L’Ontario accuse un important retard par rapport aux autres provinces, et même par rapport à l’administration Trump aux États-Unis, en matière de réglementation protégeant les travailleurs et travailleuses du secteur minier contre l’exposition aux toxines mortelles, a déclaré Sean Staddon, responsable de l’indemnisation à la section locale 6500, lors d’une audience multipartite devant la législature provinciale à la mi-mai.
Sans modernisation de ces règles obsolètes, le nombre déjà inquiétant de décès continuera d’augmenter, a averti Staddon, au point où il ne souhaiterait pas que ses enfants y travaillent.
« Si mes enfants venaient me voir et me dire qu’ils veulent travailler dans les mines, je leur dirais : “Non, c’est trop dangereux, vous allez tomber malades et ne vivrez pas assez longtemps pour profiter de votre retraite” », a-t-il témoigné à l’audience, qui étudie des modifications au système d’indemnisation des accidentés du travail.
« La réalité est que l’exploitation minière n’est pas seulement dangereuse à cause des blessures aiguës, mais aussi des maladies professionnelles irréversibles – 87 % des décès dans le secteur sont attribuables à des maladies professionnelles mortelles ».
Expositions supérieures aux niveaux recommandés
« Les travailleurs et travailleuses du secteur minier sont 54 % plus à risque de développer un cancer du poumon et 165 % plus à risque de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique. Ces maladies sont causées par des expositions connues : gaz d’échappement diesel, silice, arsenic… Pourtant, l’Ontario autorise des limites d’exposition bien au-delà de ce que les chercheurs jugent sécuritaire – plus élevées qu’en Australie et aux États-Unis. Ce n’est pas de la prévention, c’est de l’empoisonnement accepté. »
Sean Staddon a présenté plusieurs exemples d’expositions toxiques particulièrement élevées dans les mines ontariennes.
Depuis des années, la section locale 6500 des Métallos et ses alliés réclament une réduction de la limite d’exposition professionnelle aux particules de diesel. Leur lutte a mené, en 2023, à une réduction importante de cette limite. Malgré cela, les travailleurs et travailleuses sont encore exposés à des niveaux six fois supérieurs aux seuils scientifiques reconnus dans de nombreux pays du monde.
De même, les expositions à la silice sont quatre fois supérieures aux niveaux recommandés déjà en vigueur dans de nombreux pays et la plupart des provinces canadiennes.
« Nous devons abaisser les limites d’exposition en Ontario », a insisté Sean Staddon devant le comité législatif. L’Ontario a certaines des limites d’exposition les plus élevées pour des substances cancérigènes connues, et c’est honteux. »
Protéger les travailleurs : « c’est ce qu’il faut faire »
La section locale 6500 exhorte également le gouvernement de l’Ontario à moderniser son système d’indemnisation en adoptant une loi présomptive reconnaissant les maladies des travailleurs et travailleuses du secteur minier comme étant professionnelles et accélérant le traitement des demandes.
« Si nous voulons vraiment protéger les travailleurs et travailleuses, il nous faut de véritables changements dans l’industrie la plus dangereuse de l’Ontario », a déclaré Sean Staddon au comité.
« Si une travailleuse ou un travailleur passe sa carrière sous terre et développe un cancer du poumon, il faut présumer qu’il est lié au travail. La science le confirme, et c’est ce qu’il faut faire. »
Les réformes préconisées par les Métallos sont appuyées par les néo-démocrates du comité législatif, notamment Jamie West, député provincial de Sudbury, ancien membre de la section locale 6500 et porte-parole de l’opposition en matière de travail, d’énergie et de mines.
Partagez sur Facebook