Pendant près d’un an après les élections fédérales du printemps 2025, le contexte politique à Ottawa a été marqué par un équilibre des forces qui semblait évoluer d’une semaine à l’autre, au rythme des manœuvres politiques, des changements d’allégeance et des élections partielles.
Cela a toutefois changé à la suite des élections partielles fédérales décisives du 13 avril dernier.
Avant ces élections, le gouvernement libéral minoritaire s’était efforcé de consolider son pouvoir au moyen de négociations en coulisses avec des député.e.s susceptibles de changer de camp. Ce sont finalement quatre député.e.s de l’opposition qui ont traversé la Chambre pour se joindre aux libéraux, dont une défection en provenance du NPD, rapprochant le gouvernement de la majorité. Le Parlement se retrouvait ainsi divisé entre 170 sièges libéraux et 170 sièges pour l’opposition.
Les résultats des élections partielles de ce printemps – une victoire des libéraux dans les trois circonscriptions (deux à Toronto et une à Terrebonne) – ont confirmé la majorité recherchée par le gouvernement.
Il est important de rappeler ici que cette nouvelle majorité ne se traduit pas uniquement lors des votes à la Chambre des communes : elle se reflète dorénavant aussi dans la composition des comités parlementaires, où le gouvernement est désormais mieux placé pour imposer ses priorités et contrôler les travaux, pour le meilleur ou le pire.
Du côté de l’opposition, après son pire résultat électoral, le NPD a tenu une course à la chefferie, également ce printemps. Les membres du NPD de tout le pays ont élu Avi Lewis à la tête du parti. La tâche urgente qui attend Avi Lewis et les néo-démocrates consistera à reconstruire les rangs du parti et de redéfinir son rôle à Ottawa. L’enjeu est clair : redevenir une véritable force capable de porter la voix des travailleur.euse.s.
Pour les Métallos, ces deux dynamiques sont indissociables. Un gouvernement avec une majorité fragile peut ouvrir la porte à des gains concrets sur nos demandes, mais une opposition capable de faire pression pourrait faciliter notre travail.
Dans les mois à venir, le véritable test sera de savoir si le gouvernement, désormais en position de force, continuera d’écouter les travailleuses et travailleurs et de livrer des résultats concrets pour nos emplois et nos communautés.
Cet article paraîtra dans le numéro été 2026 du magazine Métallos@l’œuvre
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