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S’écouter pour se comprendre

23 juillet 2026

L’impact des médias sociaux et de la montée de l’individualisme se font de plus en plus sentir dans notre société. Les réseaux sociaux nous poussent des contenus conçus pour nous faire réagir, la colère et l’indignation ont la cote, l’attention est de plus en plus limitée, la société est de plus en plus fragmentée et la patience est souvent à bout. On assiste de plus en plus à une polarisation des opinions.

Tout cela est inquiétant pour notre capacité à tisser des liens, à prendre soin les uns des autres, à améliorer collectivement les choses. C’est inquiétant pour notre santé mentale collective et individuelle. C’est inquiétant pour la solidarité.

La force de nos syndicats, c’est de faire exactement le contraire : rassembler, trouver ce qui nous unit et agir collectivement pour améliorer nos conditions de travail. Le syndicat contribue à forger notre sentiment d’appartenance à notre milieu de travail, essentiel depuis toujours à la vie en société. Notre vie syndicale est en quelque sorte un antidote à la polarisation et à la montée de l’individualisme.

Plus que jamais, ce qui se passe dans nos milieux de travail est essentiel. Des discussions se tiennent, des liens de solidarité se forgent, des personnes de différents horizons cultivent une volonté commune d’évoluer dans un environnement de travail sain et d’avoir des conditions de travail qui permettent de bien vivre.

La première étape d’une négociation, c’est de tendre l’oreille aux demandes des membres. C’est aussi la dernière, celle où les membres se prononcent sur le résultat d’ensemble. Et tout au long d’un contrat, les travailleur.euse.s sont à l’écoute les uns des autres, s’entraident, font vivre la solidarité au quotidien.

Malgré les attaques antisyndicales, malgré les tentatives des patrons et des puissants de droite de monter les gens les uns contre les autres, d’isoler les travailleur.euse.s… Les syndicats continuent de faire vivre la solidarité.

Et la première clé de la solidarité, c’est de s’écouter les uns les autres. Ça veut dire chercher à comprendre les points de vue des gens qui nous entourent, se mettre dans leur peau, accepter d’évoluer sur ses propres positions. Il faut absolument cultiver notre capacité à débattre sereinement. C’est par l’écoute qu’on arrive à se comprendre et à tendre ensemble vers un but commun. S’écouter les un.e.s les autres, c’est un geste syndical.

En toute solidarité,

Nicolas Lapierre

Directeur québécois des Métallos

Cet article paraîtra dans le numéro été 2026 du magazine Métallos@l’œuvre

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