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Tarifs de Trump : Résister, protéger nos emplois, reconstruire nos industries

12 août 2025
A group of people are gathered in tiers for a photo with the front row seated, and the back two rows standing. Some are wearing reflective vests and work boots, others are in jeans and T-shirts, they are all facing the camera and holding their elbows up. Behind them, you can see a grouping of posters arranged on the wall, with motivating phrases such as “GO VOTE” and “Mobilize!”

Depuis le 1er février 2025, le Canada est plongé dans une guerre commerciale majeure, déclenchée par le président américain Donald Trump. Celui-ci a imposé des tarifs de 25 % sur toutes les exportations canadiennes et de 10 % sur les produits énergétiques, les minéraux critiques et l’aluminium. Après un sursis de 30 jours, ces tarifs sont entrés en vigueur le 4 mars, puis suspendus partiellement le 6 mars pour les produits conformes à l’ACÉUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique).

Le 12 mars, Trump a ravivé les tensions en imposant une surtaxe de 25 % sur toutes les importations américaines d’acier et d’aluminium, sans exemption pour le Canada. Ces mesures sont toujours en vigueur au moment d’écrire ces lignes. Le 3 avril, des tarifs de 25 % ont été étendus aux automobiles, suivis le 3 mai de tarifs équivalents sur les pièces d’automobile non conformes à l’ACÉUM.

D’autres enquêtes sont en cours aux États-Unis pour envisager des tarifs sur le bois d’oeuvre, les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques, le cuivre et les produits laitiers.

Ces mesures menacent des milliers d’emplois et déstabilisent les chaînes d’approvisionnement profondément intégrées entre les deux pays. Ce n’est pas la première fois que le Canada est confronté à une telle situation. En 2018, des tarifs similaires avaient été imposés par le même Président, mais levés en 2019 grâce à la conclusion de l’ACÉUM. La différence aujourd’hui : l’ampleur et la portée bien plus vastes de la guerre commerciale.

Des impacts directs sur les travailleuses et les travailleurs

Les conséquences ont été immédiates. Plus de 20 000 membres des Métallos oeuvrent dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium et se trouvent directement exposés. Déjà, plusieurs licenciements ont été signalés, tandis que des ententes de travail partagé ont été négociées dans plusieurs entreprises pour limiter les pertes d’emploi. Les effets se font également sentir dans les secteurs forestier, automobile et manufacturier.

Les tarifs augmentent l’incertitude économique et plusieurs entreprises au Canada ont suspendu leurs investissements, tandis que les hausses de prix touchent les produits de consommation courante, affectant les familles des deux côtés de la frontière.

Une réponse syndicale dans l’urgence et résilience

Dès les premières annonces, le Syndicat des Métallos a mis en place une cellule de crise pour notamment suivre les développements, informer la direction, dialoguer avec les gouvernements et coordonner les actions avec le syndicat international.

Le message est sans équivoque : le Canada n’est pas le problème. Ces tarifs sont une attaque contre les travailleuses et travailleurs, leurs emplois et les communautés qui en dépendent.

Le syndicat a formulé des demandes claires. Grâce aux pressions et celles d’autres organisations, le programme de travail partagé a été élargi, permettant aux entreprises de réduire temporairement les heures de travail sans procéder à des mises à pied. Les Métallos exigent également une réforme en profondeur de l’assurance-emploi : augmentation de la couverture, prolongation des prestations, et création d’un seuil national d’admissibilité. Par ailleurs, une subvention salariale conditionnelle au maintien des emplois est aussi demandée pour protéger les revenus durant cette crise.

Bâtir une stratégie industrielle canadienne

Cette crise révèle une vulnérabilité structurelle. Le syndicat plaide pour une stratégie industrielle robuste visant à réduire la dépendance du Canada au commerce américain. Il faut prioriser l’acier, l’aluminium, le bois et les matériaux fabriqués ici dans les projets financés par l’État. L’argent public doit servir à soutenir les emplois canadiens. Le syndicat demande aussi un crédit d’impôt pour encourager l’achat de biens manufacturés au Canada, ainsi que la création de réserves stratégiques de minéraux critiques pour stabiliser la demande et sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

Une coordination syndicale internationale essentielle

Dans ce climat d’incertitude, la solidarité syndicale est essentielle. Les Métallos collaborent activement avec leurs homologues américains pour exercer des pressions sur les décideurs politiques. Lors du Congrès international des Métallos, une résolution en ce sens a été adoptée à l’unanimité des 3000 délégué.e.s réuni.e.s à Las Vegas. Le message est clair : l’unité des travailleuses et travailleurs ne connaît pas de frontière.

Une occasion de transformation

Aussi brutale soit-elle, cette guerre commerciale peut devenir un levier de transformation. Elle met en lumière la nécessité de construire une économie plus résiliente, plus équitable et moins dépendante des aléas politiques de nos partenaires commerciaux. Le Syndicat des Métallos demeure mobilisé pour défendre les travailleuses et travailleurs, proposer des solutions concrètes et bâtir un avenir industriel durable, fondé sur la solidarité et la souveraineté économique.

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